Antoine Pécaudy, Sieur de Contrecœur, capitaine du régiment de Carignan-Salières, fonde un établissement en 1667, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à environ 52 kilomètres en aval de Montréal. En 1668 s'inscrit la première mention dans le registre paroissial; date qui fut retenue en 1968 par le comité des Fêtes du 3e centenaire pour célébrer l'anniversaire de fondation de Contrecœur.
La paroisse religieuse Sainte-Trinité de Contrecœur est érigée canoniquement en novembre 1832, tandis que la municipalité de la Paroisse est créée en 1845 en prenant le même territoire que celui de la paroisse religieuse. Le premier maire élu fut Amable Marion, marchand.
À la suite d'une requête présentée par les électeurs municipaux de la Paroisse, la municipalité du Village de Contrecœur reçoit ses lettres patentes le 30 avril 1902.
Le village de Contrecœur se forme, petit à petit, comme tous les villages de la province, à partir de l'agglomération des artisans, des commerçants et des rentiers ayant quitté leur ferme pour laisser la place à leurs enfants.
Sainte-TrinitéL'église actuelle est la quatrième église construite par les paroissiens de Contrecœur. Elle porte fièrement en inscription : SAINTE-TRINITÉ et les dates commémoratives des trois constructions de maçonnerie : 1726-1818-1863, soit des 2e 3e et 4e églises. La première église était plutôt une chapelle en bois dont le contrat de construction date du 1er décembre 1675 et que les archives paroissiales ont perdu. Heureusement les greffes des notaires sont maintenant relativement plus faciles à consulter ce qui nous a permis de reconstituer l'histoire de nos églises.
Notre église actuelle, est construite à la suite d'un désastreux incendie, sur les mêmes murs que la précédente. On a conservé les murs de l'église précédente dont les plans étaient inspirés du plan Conefroy utilisé par la paroisse de Boucherville, c'est-à-dire une église composée d'une nef coupée par un transept qui forme deux chapelles latérales. La nef est fermée par une abside circulaire et l'église est coiffée d'un clocher de façade. Ce plan avait été privilégié pour sa solidité et nous en avons la preuve : les murs ne s'écroulèrent pas lors de l'incendie.
Quant à l'extérieur, on peut avancer que notre église est du style néo-roman influencé par le néo-gothique. Ses fenêtres romanes géminées ornées d'un œil-de-bœuf ainsi que différents éléments cintrés donnent le ton. Par ailleurs, la haute flèche, les clochetons, les contreforts de la tour du clocher ainsi que ceux des angles lui donnent une allure assez élégante, rappelant l'élancement gothique.
Les cloches de la nouvelle église sont achetées aux États-Unis. Elles sont arrivées le 9 décembre 1864 et leur bénédiction, présidée par M. le chanoine Édouard-Charles Fabre, a eu lieu le 31 mai 1865. C'est pendant cette même année qu'on entreprend de finir l'intérieur de cette église. Les travaux commenceront en mai 1865 et devront se terminer à la Toussaint 1867. On peut affirmer que c'est Victor Bourgeau qui a fait les plans de la voûte, du maître-autel, des autels latéraux, du banc-d'œuvre, de la chaire, de la rosace sise à la croisée de la nef et du transept et de la gloire à rayons dorés aux monogrammes de la Sainte-Trinité, au-dessus de l'autel.
À la suite du concile Vatican II, des transformations dévastatrices s'effectuent à l'église. Celles-ci consistent à avancer le maître-autel de façon que le prêtre puisse célébrer la messe face au peuple. L'église est tout à fait dénudée, il ne reste plus que les belles sculptures sur bois de la voûte, que l'on a heureusement refaites à la feuille d'or, et le retable du maître-autel. Maintenant nous avons à l'intérieur une église de deux époques. La partie supérieure a gardé son authenticité, sa richesse, alors que la partie inférieure est froide et sans personnalité. « Contrecoeur - À Cœur vaillant tout est possible - 325, 1993 »
Superficie :
61,56 km2.
Gentilé :
Contrecoeurois, oise.
Histoire -
1668 Ouverture des registres de la paroisse de la Très-Sainte-Trinité-de-Contrecoeur.
«toutes les isles et, islets qui sont vis-àvis la devanture de la concession» de 1672.
1685 Nomination du premier curé résidant.
1832 (27 novembre) Érection canonique de la paroisse Sainte-Trinité ; son territoire couvre une partie des seigneuries de Contrecoeur et Saint-Ours.
1855 (1er juillet) Constitution de la municipalité de la paroisse de la Sainte-Trinité-de-Contrecoeur.
1902 (30 avril) Constitution de la municipalité du village de Contrecoeur par détachement de celle de la paroisse de la Sainte-Trinité-de-Contrecoeur.
1923 La population de la paroisse Sainte-Trinité est de 1 925 âmes.
1976 (1er janvier) Regroupement des municipalités de la Sainte-Trinité-de-Contrecoeur et de Contrecoeur sous le nom de cette dernière.
2005 La population de Contrecoeur est de 5 603 habitants.
Patrie :
Jean-Baptiste Chicoine* dit Dozois. Joseph-Thomas Duhamel*. Pierre-Claude Pécaudy* de Contrecoeur. Joseph-Thomas Duhamel*. Jean-Marie Richard*. François Saint-Onge*.
Centres d'intérêt :
Église de la Sainte-Trinité (1867) ; plans de l'intérieur par Zéphirin Perrault ; plans de l'intérieur, par Victor Bourgeau.
Maison Le Noblet-Duplessis (vers 1794) ; 4752, boulevard Marie-Victorin ; construite pour Alexis-Carme Le Noblet du Plessis dont la famille garda la maison pendant près de 90 ans ; passe à F.-X. Archambault qui la transforme en 1886 (lucarnes de la façade remplacées par 3 gables d'esprit néogothique aménage un étage dans le bas du grenier et ajout de 2 petites galeries ; en 1916, Jean-Marie Richard* et son épouse, Jeanne Cartier, la dernière seigneuresse de Contrecoeur modernisent la maison ; acquise par la municipalité en 1978 et ouverte au public en 1979 ; Alexis-Carme Le Noblet du Plessis était le cousin de Nérée Le Noblet Duplessis ; la maison aurait servi de lieu de réunion secrètes lors des Émeutes de 1837 et de 1838 ; classée monument historique en 1983.
Moulin à vent (1742) ; 6098, boulevard Marie-Victorin ; construit par le seigneur Claude Pierre Pécaudy de Contrecoeur, petit-fils d'Antoine, le premier seigneur de Contrecoeur ; classé bien archéologique en 1983.
Presbytère (vers 1900).
Réserve nationale de faune des îles de Contrecoeur (chasse aux oiseaux migrateurs permise).
Économie :
Acieries Mittal Canada et Stelco.
Toponymie :
Contrecoeur rappelle le souvenir d'Antoine Pécaudy de Contrecoeur*, premier seigneur de Contrecoeur.
La Sainte Trinité aurait été choisie comme patronne de la paroisse en l'honneur de Barbe Denys de la Trinité, l'épouse d'Antoine Pécaudy de Contrecoeur.
Repères géographiques :
Sur la rive droite du Saint-Laurent, au sud-sud-ouest de Sorel.
Diocèse de Saint-Jean/Longueuil.
Municipalité régionale de comté de Lajemmerais.
Communauté métropolitaine de Montréal.
Région touristique de la Montérégie (sous-région du Bas-Richelieu).
Accès : Route 132 ou Autoroute 30.